La bataille de Laon, mercredi 9 et jeudi 10 mars 1814.

Force en présence: Les Français sous les ordres de Napoléon : →A l’Ouest, en avant de Clacy, les troupes du général Charpentier. →Au centre, devant les faubourgs de Semilly, les soldats de Ney et devant les faubourgs d’Ardon ceux de Mortier, en réserve la Vieille Garde, la réserve d’artillerie et la cavalerie. Le tout représente environ 24.000 hommes. →A l’Est, toujours en route au début des combats, sur la route de Reims, le 6e corps du maréchal Marmont, fort d’environ 9.500 hommes. (L’effectif réel de l’armée française varie selon les sources, j’ai préféré indiquer la plus faible) Les Alliés sous les ordres de Blücher : →A l’Ouest, en arrière du village de Clacy, le corps du comte Winzingerode (Armée du Nord de Bernadotte) fort d’environ 25.000 hommes. →Au centre, à Laon, le général prussien Bülow von Dennewitz (Armée du Nord de Bernadotte) avec environ 17.000 hommes et 50 canons rangés sur les remparts de la ville. →A l’Est, les 24.000 soldats des généraux prussiens Yorck et Kleist (Armée de Silésie de Blücher) sont en position sur la route de Reims entre le faubourg de Vaux et le village d’Athies. En réserve, les généraux Sacken et Langeron (Armée de Silésie de Blücher) avec environ 25.000 hommes. Ils sont déployés en arrière de Yorck. L’armée alliée est donc forte d’environ 91.000 hommes. Les monuments: Pas de monument, ni de plaque commémorative mais de nombreux bâtiments témoins des combats sont toujours là. La topographie : A 26 Km au Nord Est de Soissons et à 39 Km au Nord Ouest de Reims, Laon est construit sur un massif de 200 mètres qui domine une plaine immense. Au pied de cet espèce de pic crénelé et flanqué de tours à son sommet s’élèvent d’importants faubourgs dont les principaux sont ceux d’Ardon et Semilly au sud, de Neuville et Saint-Marcel au Nord et enfin de Vaux à l’Est. "Le mont de Laon, vu des positions russes à Clacy-et-Thierret." Résumé de la Bataille: -Combats du 9 mars : Sur ordre de Blücher, c’est une division d’infanterie russe du corps de Winzingerode qui ouvre le bal en attaquant Semilly et fait reculer la brigade Boyer qui la défendait. L’intervention de plusieurs escadrons envoyés en renfort par le maréchal Ney rétablit la situation en faveur des français et les russes sont repoussés vers Clacy. Pendant ce temps, l’infanterie de Bülow descend la rampe d’Ardon et attaque le village faiblement défendu par la 3e division provisoire de la Jeune Garde du général Poret de Morvan. Celle-ci recule et prend position à Leuilly. A midi, les combats font rage partout sauf à l’Est où le corps de Marmont n’a toujours pas rejoint. A treize heures, Napoléon lance la grande offensive, La Jeune Garde attaque Clacy mais doit finalement se replier sous le feu nourri de l’artillerie ennemie. Dans les faubourgs de Semilly et d’Ardon on continu à se battre vigoureusement mais sans succès pour les français. Vers 17 heures, Le maréchal Ney lance les divisions Meunier, Curial et Boyer sur Semilly qui est repris aux alliés. Un temps menacé par l’attaque Française, Laon est sauvé grâce à la précision des tirs de l’artillerie russe. "La porte de Soissons était l'objectif à atteindre par le maréchal Ney après la prise des faubourgs de Semilly." Dans le même temps, le général Poret de Morvan est grièvement blessé par un biscaïen à Ardon est doit lui aussi reculer. A l’Est, Athies est enlevé par le 6e corps avant la tombée de la nuit. A 19 heures, les adversaires ont cessés le combat et campent à peu de chose près sur leurs positions du matin. Napoléon gagne son Quartier Général établit depuis la veille à Chavignon. Malgré l’échec du jour, il n’a pas encore perdu l’espoir de détruire les troupes de Blücher. A la même heure, alors que leur chef est parti dormir dans le château d’Eppes à 4 Km d’Athies, les soldats du 6e corps, mal gardé alors qu’ils sont au contact de l’ennemi, sont surpris par une attaque de nuit des alliés. Du côté français c’est la panique, celle-ci ne s’interrompra qu’à Festieux grâce aux courages de quelques braves. Cette terrible affaire coûtera cher au 6e corps de Marmont, 3.500 hommes, 45 pièces d’artillerie et 120 caissons. "Vu en direction d'Athies à partir de la citadelle (Est de Laon)." -Les combats du 10 mars : Napoléon se lève très tôt, à 4 heures du matin ; il est impatient d’en découdre avec l’ennemi. Son enthousiasme est très vite refroidi à la nouvelle du revers qu’a subi le duc de Raguse durant la nuit. En quelques instants tout c’est écroulé, son plan d’attaque est définitivement irréalisable. Pourtant, il décide de rester et de faire face pour à son tour surprendre l’ennemi. C’est sa seule chance de ne pas être entièrement détruit. Et cela va parfaitement fonctionner. En effet, le général Gneisenau, remplaçant temporairement le général Blücher malade et fiévreux, constatant qu’au levé du jour les français sont encore là et redoutant un nouveau piège de ce diable de Napoléon, rappelle sur le champ toutes les troupes qui poursuivaient le 6e corps du maréchal Marmont mais également celles de Sacken et de Langeron qui avaient pris la direction de Bruyères pour attaquer les français sur leur flanc droit. La destruction de l’armée française a été évitée de justesse. A 9 heures, Les russes attaquent les retranchements français du village de Clacy tenu par la division Charpentier. Cette attaque sera renouvelée cinq fois et sera repoussée autant de fois par les « Marie-Louise ». En début d’après-midi, au signal de l’Empereur, les jeunes soldats se ruent énergiquement à l’assaut des positions ennemies. Malheureusement pour eux, beaucoup tomberont sous la mitraille des canons russes avant que l’ordre de retraite ne leur parvienne. C’est un nouvel échec. Du côté des faubourgs d’Ardon, l’infanterie du général Bülow repousse l’assaut combiné des forces de Meunier et Curial qui était pourtant parvenue jusqu’aux pieds des remparts de Laon. Pour les français, c’est partout l’heure du repli. "La porte d'Ardon, objectif des troupes françaises de Meunier et Curial." Depuis trois heures de l’après-midi, le plus discrètement possible, les premiers convois partent en direction de Soissons, repris à l’ennemi depuis le 8 mars. A la nuit tombée, tout le reste de l’armée française prend le même chemin dans le plus grand ordre. Le maréchal Ney assure l’arrière garde et amuse l’adversaire jusqu’à l’aube. De leur côté, les alliés toujours méfiants ne prennent aucune initiative durant la nuit. Les pertes: Armée française : entre 6.000 et 9.000 hommes et au moins 45 canons perdu à Athies par le 6e corps. Armée alliées : Environ 4.000 hommes (Le montant des pertes des deux camps est très variable d’une source à une autre ; je n’ai aucune certitude sur la véracité de ces chiffres, il faut les considérer comme une simple estimation.) (Sources : Campagne de 1814, par Carl von Clausewitz, Ivréa ; La cavalerie dans les guerres de la Révolution et de l’Empire, par L. Picard, Teissèdre ; Napoléon 1814 la campagne de France, par J. Tranié et J.C. Carmigniani, Pygmalion/Gérard Watelet ; les campagnes napoléoniennes, par A. Pigeard, Quatuor ; Dictionnaire Napoléon, J. Tulard, Fayard ; Itinéraire de Napoléon au jour le jour 1769-1821, par J. Tulard et L. Garros, Tallandier.)
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